Association de défense des droits des usagers de la route

LA VOITURE UN JOUR SUR DEUX, EST CE EFFICACE ?

Mille policiers filtrent les véhicules aux portes de la capitale. Ceux dont la plaque d’immatriculation est un nombre pair sont refoulés. C’était le 1er octobre 1997, et c’est la seule fois où une mesure de circulation alternée a été mise en place en France. C’était pour un pic de pollution à l’ozone. Dans quelques mois, ce cas unique pourrait devenir la règle les jours où les seuils d’alerte à la pollution atmosphérique sont dépassés, non seulement à l’ozone, mais nouveauté, aux particules fines et aux oxydes d’azote NOx. Sur l’agglo de Rouen, ce pourrait être quelques jours par an. En 2013, le seuil d’alerte aux particules a été dépassé deux fois (les 11 et 12 décembre) et 5 fois en 2012.

Gratuité des transports

La mesure a été annoncée à la sortie d’un comité interministériel par le ministre de l’Ecologie, Philippe Martin. Elle n’est pas sans poser de questions : quels types de véhicules ? Comment éviter la fraude ? Où et quand s’arrêtent l’interdiction dans une agglo comme celle de Rouen qui n’est pas délimitée par une ceinture ? Le ministre a proposé « l’organisation, dès janvier, d’une table ronde avec les collectivités locales et les autorités organisatrices de transport afin d’étudier les modalités de mise en œuvre ».

Nous leur avons demandé ce qu’ils en pensaient. La Crea en tête (c’est l’autorité organisatrice), en passant par la Ville, tout le monde préfère botter en touche. Seuls Cyrille Moreau, président du groupe EELV, et Gilbert Renard (UMP) chef de file de l’opposition au conseil de la Crea, se sont prêtés au jeu.
L’élu vert est favorable à la mesure. « Après ce sont des pis-allers. Cela ne règle rien sur le fond. Le fond, c’est réduire le flux, pour que la circulation soit fluide, car la pollution augmente avec les bouchons. Pour cela, une solution, le développement des transports en commun. » Sur les modalités, l’élu estime qu’« il va falloir partir du réel. Les gens ne l’appliqueront pas s’ils n’ont pas le choix, d’où l’intérêt de la concertation. » Son homologue à droite, Gilbert Renard, « personnellement pas favorable », ne dit pas autre chose quand il dit : « On réfléchit toujours dans l’urgence mais sur le fond ça ne résout rien. » Lui regrette que le ferroutage n’ait jamais été développé en France, et propose que les transports en commun soient gratuits les jours de pics. Le maire UMP de Bois-Guillaume note que « les plus favorisés ayant plusieurs voitures risquent d’être les moins gênés ».

Du côté du monde économique, Gwenahel Thirel, président du club de la Vatine à Mont-Saint-Aignan ne souhaite pas que l’on « oppose environnement et emploi ». Lui aussi lance l’idée de tester la gratuité des transports en commun. « On essaie deux jours, je pense qu’on aurait des surprises », et plus généralement plaide pour un renforcement de l’offre : « Cela fait plus de 10 ans qu’on demande à la Vatine un service digne de ce nom ».

De son côté, Dominique Touzeau, président départemental de l’Automobile Club de l’Ouest, et correspondant de 40 millions d’automobilistes, estime que la circulation alternée est une « aberration », car « inapplicable au niveau économique et favorisera l’usurpation des plaques ». Il note aussi que dans l’agglo, beaucoup de travailleurs demeurent en dehors du bassin d’emploi - « dans certaines entreprises plus de la moitié des salariés habitent à plus de 30 km ». Pour ceux-là « il n’y a pas d’autres moyens de venir travailler ».

A chacun de poursuivre sa propre réflexion, mais en regardant la chape de pollution flottant sur la ville lors des pics de décembre (photo), difficile de ne pas se convaincre qu’il va bien falloir faire quelque chose. Vite.


En l’état, les déclarations du ministre de l’Ecologie ne permettent pas de savoir quels types de véhicules seront concernés. Est-ce que les poids lourds en seront-ils ? Le sujet pourrait être délicat politiquement pour le gouvernement après le fiasco (toujours en cours) de l’écotaxe. D’un côté, il lui faudra ménager les intérêts économiques des entreprises, de l’autre le symbole fort des camions dont la contribution à la pollution atmosphérique n’est plus à démontrer.

Une étude suivie d’Airparif avait montré que les émissions globales de NOx le 1er octobre 1997, seul jour de circulation alternée en France, avaient diminué de 15 % par rapport à la veille.

Sur les particules fines, principales polluants en cause ici, Véronique Delmas, directrice d’Air Normand, nous a montré une étude réalisée par ses homologues de Strasbourg en 2008. Leurs modélisations montraient par exemple que les particules fines sont susceptibles de diminuer de 21 % au sein de leur agglo. « Cela ne veut pas dire que nous aurions ces chiffres ici, cela dépend toujours de la situation locale. Ce qui est sûr c’est qu’il y aura un impact. Reste à déterminer les effets ici de la mesure, le travail reste à faire ».

14/01/2014 PARIS NORMANDIE.FR
nuit zéro accident 5 novembre 2016

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