Association de défense des droits des automobilistes et des usagers de la route

CES CARBURANTS ALTERNATIFS DONT LA FRANCE SE PRIVE

CES CARBURANTS ALTERNATIFS DONT LA FRANCE SE PRIVE

Les automobilistes sont-ils condamnés à attendre l'avènement d'une véritable offre de véhicules électriques, et surtout les infrastructures qui vont avec, tout en continuant à payer le prix fort à la pompe, pour cause de pollution maximale de l'atmosphère ?

Si le mouvement du 17 novembre s'annonce aussi suivi, notamment en Paca, c'est peut-être aussi parce que la France n'a pas vraiment creusé jusqu'ici la piste des carburants alternatifs, moins polluants et donc moins chers car moins taxés.

Alors que les Italiens et les Allemands sont nombreux à rouler au GNV (Gaz naturel pour véhicules), dans l'hexagone, les acteurs de la filière peinent à sortir du seul marché du transport collectif et routier, en espérant que leur maillage du territoire finisse par convaincre les constructeurs et pouvoirs publics (lire ci-dessous).

L'essor du GPL, après avoir été encouragé en 2008 par l'État, a finalement été stoppé ; la France ne compte que 262 000 voitures roulant au GPL, contre 14 millions en Europe, elles représentent même 30 % du parc en Italie ! "Les Français sont finalement un peu coincés dans un choix entre diesel ou essence," commente Bernard Jullien, économiste spécialiste de l'industrie automobile.

Et là encore, la piste des biocarburants n'est pas vraiment explorée. Si le biodiesel progresse dans la composition du gazole distribué à la pompe, avec un B10 (10 % de biocarburant à base de colza, tournesol) annoncé d'ici peu, sa part reste faible, et pose des problèmes de ressources.

Le projet du groupe Total, qui a converti son site de La Mède en bioraffinerie, a ainsi été pointé pour les importations d'huile de palme qu'il prévoit, en particulier par les producteurs de protéagineux et oléagineux français, qui sortent d'ailleurs ces jours-ci un carburant 100 % végétal, réservé aux flottes professionnelles (lire ci-dessous).

Reste le super éthanol, ou E85 (85 % de biocarburant issu de betterave, blé, maïs) très peu taxé car très peu polluant. Là encore, la filière peine à imposer ce carburant alternatif, bien que la France soit le premier producteur européen de bioéthanol, sur seulement 1 % de sa surface agricole utile... Si les pouvoirs publics encouragent son développement, avec un niveau de taxe très bas (12 cents/l contre 68 cents pour le E5) plafonné de surcroît à 9,5 cents de plus d'ici 2022 (contre 25 pour le diesel) et d'autres avantages comme la gratuité de la carte grise dans la quasi totalité des régions dont Paca, les constructeurs ont abandonné cette piste. "Les concessionnaires ont arrêté la recherche et développement sur les véhicules flex-fuel, les commerciaux n'étaient pas très bien formés non plus pour les vendre, aujourd'hui seul Volkswagen écoule ses derniers stocks," témoigne Nicolas Kurtsoglou responsable carburants au sein du Syndicat national des producteurs d'alcool agricole qui a vu les ventes s'envoler, notamment depuis la mise en circulation des premiers boîtiers permettant de convertir un moteur à essence à l'usage de l'E85 (lire ci-dessous) : + 41 % au seul mois de septembre, 200 nouvelles stations distributrices en deux ans, mais seulement 32 407 véhicules flex-fuel en France, et 1,8 % de parts du marché de l'essence...

Le choix du "tout électrique" dans lequel certains constructeurs comme Renault se sont engouffrés très tôt, freinerait-il les carburants alternatifs ? Ces derniers souffrent aussi des dérives pointées par les écologistes, comme au Brésil, où le choix des biocarburants a accouché d'une agriculture intensive et dévastatrice pour la forêt... La France en est pourtant loin, et dans l'hexagone, les carburants alternatifs pourraient bien se refaire une virginité, grâce à l'économie circulaire : la filière gaz mise sur le développement de la méthanisation, et la recherche et le développement carbure sur l'optimisation de l'utilisation des végétaux ou encore, au sein du groupe Total par exemple, sur le recyclage d'huiles usagées. Comme le dit Xavier Pinon, co-fondateur de Selectra, spécialiste de la facture d'énergie, "Les biocarburants n'ont pas dit leur dernier mot".

250 euros d'aide pour installer un boîtier

Renaud Muselier, le président LR de la Région Sud, annonçait la semaine dernière une aide aux automobilistes qui souhaitent acquérir un boîtier pour convertir leur voiture essence à l'usage du E85*.

Un coup de pouce au consommateur rendu possible par l'arrêté publié il y a tout juste un an, qui a fixé les conditions d'homologation des dispositifs de conversion des moteurs. "8 catégories de voiture ont été définies, couvrant la totalité du parc automobile jusqu'à 14 chevaux," explique Nicolas Kurtsoglou du Syndicat national des producteurs d'alcool agricole. Pour l'heure, trois fabricants en France ont été homologués (Biomotors ; FlexFuel Energy Developpement ; ARM Engineering), ainsi que 4 dispositifs, ce qui représente 60 % du parc français. Grosso modo, les véhicules éligibles à l'installation du boîtier sont compatibles E10, norme Euro 3 ou plus.

Si vous avez un moteur à essence que vous souhaitez convertir, il faut donc dans un premier temps vous assurer qu'un boîtier homologué existe bien pour ce modèle puis trouver un professionnel agréé dans votre région. Une voiture équipée d'un boîtier E85 homologué pourra rouler à l'ensemble des carburants essence (SP98, SP95, SP95-E10 et E85) vendus dans les stations-service françaises. Des sites permettent de se procurer facilement ces informations, comme www.bioethanolcarburant.com

Les sites de fabricants renvoient aussi vers des listes de professionnels agréés installant leurs dispositifs.

Avril sort un biodiesel 100 % végétal et français

Le lobby des producteurs d'oléagineux et protéagineux pèse dans le débat sur les carburants en France. La semaine dernière, le groupe Avril, dont ces agriculteurs sont l'unique actionnaire, a lancé son tout nouveau carburant Oleo100 à 100 % d'origine végétale, qui ne sera toutefois destiné qu'aux professionnels de la route ou aux engins de collectivité. "On consomme 45 millions de m3 de gasoil en France, nous n'aurions pas la ressource nécessaire pour le remplacer. Oleosen a vocation à accompagner les professionnels dans la transition énergétique," commente Kristell Guizouarn, directrice Energies nouvelles et Affaires européennes chez Avril. Composé à 100 % de colza français, ce carburant se substitue au gasoil et représente aussi une réponse aux importations générées par certaines productions de carburants, qui recourent à du soja argentin ou du colza indonésien. Ce biodiesel "made in France" a donc vocation à perdurer, dans le réservoir des professionnels, agriculteurs ou industriels, une fois la transition énergétique réalisée. Avril a déjà des clients comme le cimentier Vicat, et a été soutenu dans sa démarche par des constructeurs tels que Renault trucks ou Scania. "Nous sommes distributeur direct auprès de ceux qui disposent d'une cuve de stockage," précise Kristell Guizouarn rappelant que seul le surplus de colza, une fois l'usage alimentaire réalisé, est injecté dans la filière carburants.

"Les touristes étrangers font le plein de GNV" (le témoignage de la PME Proviridis)

Installée à Rousset, Proviridis n'est plus une start-up. La PME présidée par Éric Ronco s'est attaquée depuis six ans à un marché déjà bien occupé par les géants de l'énergie comme Total ou Engie : le maillage du territoire en stations de distribution de carburants alternatifs tels que le GNV ou même l'hydrogène. Avec déjà trois stations à son actifs, dont deux publiques à Saint-Martin-de-Crau et Fos, la pépite provençale s'adresse aux flottes professionnelles, mais pas seulement. "En été beaucoup de touristes viennent faire le plein dans nos stations, car contrairement à la France, nos voisins roulent au G NV" souligne Serge Lamoulie, le directeur commercial, qui compte bien voir un jour le marché des particuliers se développer. Mais pour cela, il faut d'abord mailler le territoire. Et Proviridis s'y emploie ; le déploiement de 10 stations est prévu en 2019. "Il faut savoir que le GNV se vend 87 cents le kg, sachant que 15 kg permettent de parcourir 400 km" poursuit le professionnel. Et surtout si ce carburant émane aujourd'hui de ressources épuisables, l'arrivée du biogaz, issu du recylcage de déchets, pourrait péréniser la filière. "Aujourd'hui la part est faible, mais beaucoup de projets sont dans les cartons, les collectivités essaient d'en lancer" ajoute Serge Lamoulie qui table sur 600 stations GNV en France d'ici 3 ans et rappelle que les véhicules compatibles ne coûtent pas plus cher que les autres...

 

 

14/11/2018 LA PROVENCE

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