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VIOLENCES ROUTIERES : ASSEZ !
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Les chiffres de l’insécurité routière parlent d’eux-mêmes : sur les huit derniers mois on observe une augmentation significative du nombre de tués et de blessés. Si le mois de mai marque un coup d’arrêt à la spirale montante, pour autant, nous aurions tort de nous en satisfaire.
Avec un nombre d’accidents divisé par deux en six ans, l’efficacité des recettes classiques qui consistent à positionner des dispositifs importants au bord des routes ne peut constituer a elle seule une politique de sécurité routière. Si l’on veut obtenir des changements à long terme ce sont les comportements qu’il faut faire évoluer.
C’est le pari d’une réflexion de fond qui associe autour des services de l’Etat, des parlementaires, des spécialistes de la sécurité routière et des associations autour de bonnes idées. D’ores et déjà quelques grandes pistes ont été proposées à la réflexion de cette commission : faire respecter la vitesse par la mise en place de zones de vigilance renforcée où sont positionnés des radars, sensibiliser les motards de plus de 25 ans notamment par une meilleure formation, développer une attention particulière aux piétons qui représentent 20% des tués dans le département.
ENTRETIEN
Gilles LECLAIR, Préfet délégué pour la défense et la sécurité : " Le but est vraiment de prévenir, de renforcer la vigilance et changer le comportement"
Agir : Quels sont les moyens mobilisés dans le département pour endiguer la hausse des accidents de la route ?
Gilles LECLAIR : Face à l’augmentation du nombre d’accidents et du nombre de blessés et de tués, nous avons encore intensifié les contrôles, en ciblant les infractions les plus accidentogènes : le téléphone, l’absence de casque, l’alcool et les stupéfiants. De plus, nous avons mené des actions concertées police/gendarmerie, en mobilisant au maximum tous les acteurs, comme les sous-préfets, sur cette problématique. J’ai par ailleurs constitué un réseau, le Task Force sur la sécurité routière. Il fédère tous les services, police, gendarmerie, polices municipales, opérateurs d’autoroutes, sur la vigilance et la prévention. Nous optimisons nos actions en mobilisant l’ensemble des moyens disponibles. Nous nous réunissons une fois par mois afin de mettre en commun nos expériences, sur les zones accidentogènes, pour déterminer où il est nécessaire de créer une signalisation spécifique ou un contrôle spécifique.
Agir : Vous parlez de retour d’expériences et d’actions, concrètement comment cela se traduit-il ?
GL : Au travers du Plan départemental de prévention de la sécurité routière. Nous organisons des actions de prévention et de sensibilisation ciblées, les jeunes, les deux roues, les piétons, qui concernent principalement les personnes âgées. Nous allons sensibiliser ces publics par le biais d’associations par exemple. Quant aux conducteurs de deux roues, cela pourra se faire via les vendeurs et on pourrait organiser des stages de sensibilisation au circuit du Castellet.
Agir : La suppression des panneaux avertisseurs de radars a provoqué une polémique. Qu’en est-il exactement ?
GL : A terme, on supprimera tous les avertisseurs de radars, mais pour l’instant, nous avons identifié trois secteurs que l’on appelle « zones de vigilance renforcée ». Ce sont des zones de plusieurs kilomètres, qui seront signalées par des panneaux placés très en amont. Des radars pédagogiques, affichant la vitesse des véhicules, y seront installés afin que les automobilistes « lèvent le pied ». Le but est vraiment de prévenir, de renforcer la vigilance et changer le comportement. Ces zones seront réaménagées, par exemple sur la RN 113 à côté d’Arles les vitesses seront harmonisées. Tout devrait être en place début juillet. Ce sont des mesures avant tout pédagogiques et civiques.
TEMOIGNAGE
Jean-Luc CESAR, Commandant de la CRS autoroutière Provence : "Il y a une énorme différence entre conduire une moto et savoir piloter!"
Agir : Que vous apporte, dans le domaine de la prévention, votre double casquette de motard et de policier ?
JLC : Cela permet de mieux appréhender le comportement des usagers, qui est différent lorsqu’ils voient une moto de police, car ils réajustent alors leur façon de conduire ! Lorsque je suis en civil, je repère les fautes graves et les zones dangereuses, ce qui est utile ensuite. Par ailleurs, nous avons une Yamaha 1300 banalisée qui patrouille en permanence sur l’autoroute, cela nous permet de repérer les comportements dangereux et de verbaliser. On appréhende ainsi plus facilement les infractions qui semblent mineures pour les voitures, mais sont majeures pour les deux roues.
Agir : Quels sont justement les types de comportements dangereux, sur la zone d’autoroute sous votre surveillance ?
JLC : Si les automobilistes ont des comportements dangereux, comme franchir une ligne continue sans regarder dans leur rétroviseur, il faut savoir que 80 % des conducteurs de deux roues sont responsables des accidents ! Souvent avec de graves répercussions humaines, car un motard n’est pas protégé. Par ailleurs, nous constatons une augmentation de motards roulant sur les bandes d’arrêt d’urgence. C’est une pratique extrêmement dangereuse à la fois parce qu’il y a de nombreux débris, mais aussi parce que les automobilistes ne sont pas vigilants car ils ne s’attendent pas à trouver une moto sur leur droite ! Nous traquons fermement ce genre de comportement totalement irresponsable. Ensuite on voit encore trop de motards slalomer à grande vitesse entre les voitures plus ou moins arrêtées, que ce soit en zone urbaine, ou dans les tunnels de Marseille, dont nous assurons aussi la surveillance. Et là, les accidents sont souvent très graves, car le motard est pris en tenaille !
Agir : Il semble que les motards de 45 / 55 ans soient de plus en plus touchés par les accidents. Pourquoi cette augmentation ?
JLC : En fait, sur notre zone, en raison des difficultés de circulation, bon nombre des plus de 40 ans qui sont « excédés » d’être en retard au travail, ont repris le guidon, qui plus est, de grosses cylindrées car ils ont les moyens. Ils veulent à tous prix arriver à l’heure ! Aussi ils adoptent un comportement dangereux, slaloms, prises de risques, tout en ne maîtrisant pas forcément leur moto. Il y a en effet une énorme différence entre conduire une moto et savoir piloter ! Qui plus est, avec des motos qui ne sont pas forcément très maniables.
LIBRE OPINION
Jean-Marc ZAMMIT, directeur de l’Automobile Club des Bouches-du-Rhône : «Plus de prévention et d’accompagnement des usagers ! »
Agir : Quelles actions de prévention mène l’Automobile Club des Bouches-du-Rhône ?
Jean-Marc ZAMMIT : Depuis plus d’une dizaine d’années, nous participons à diverses actions aux côté de la préfecture et du Conseil général. Le 25 juin, il y a la Nuit Zéro Accident, avec des distributions d’alcootests et des prospectus, dans 18 sites publics, dont des discothèques, ou encore à l’entrée du tunnel Prado Carénage. Au total, ça devrait toucher 30 000 automobilistes ! A l’Automobile Club, 15 bénévoles seront mobilisés cette nuit là. Le problème avec l’alcool, c’est que beaucoup ne se sentent pas suffisamment concernés, ils se sentent invincibles et estiment ne pas avoir beaucoup bu, alors qu’un verre ou deux suffisent déjà.
Agir : Quelles mesures préconiseriez-vous ?
JMZ : Il faut davantage sensibiliser sur les comportements dangereux. Ce n’est pas uniquement en enlevant des points que l’on arrive à changer. Nous prônons plus de prévention et d’accompagnement des usagers. La vitesse n’est pas la seule responsable de l’augmentation des accidents. Il y a aussi l’alcool et la somnolence. Nous pensons aussi que les contrôles doivent être renforcés et que les forces de l’ordre doivent être plus visibles. La peur du gendarme ça fonctionne toujours!
Agir : Que pensez-vous de la mise en place de cette commission au niveau départemental ?
JMZ : Cela fait suite au Comité Interministériel de la Sécurité Routière qui s’est tenu en mai, sous l’égide du Premier Ministre. Je trouve que ça part d’une bonne idée de réunir les élus, les associations d’usagers de la route, l’Etat. Quant aux mesures présentées, je regrette qu’elles aient été prises sans concertation, même si pour l’essentiel, nous les approuvons. Par exemple la perte de trois points au lieu de deux pour l’usage du téléphone en conduisant, ou encore les huit points pour les grands excès de vitesse. La seule mesure qui ait fait réellement débat est la suppression des avertisseurs de radars. Les décisions ont été prises dans l’émotion des mauvais chiffres, sans véritable analyse des causes des accidents. Depuis cinq ans il y avait de bons résultats et une baisse des accidents grâce à la politique menée. Les radars et les avertisseurs étaient un élément indispensable à l’automobiliste pour adapter sa vitesse dans les zones dangereuses.
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21/06/2011
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SECURITE ROUTIERE
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