Association de défense des droits des usagers de la route

Montpellier : Sans permis ni véhiucle, il est jugé pour défaut de carte grise

Depuis des mois, Lucien Aïech tente de prouver l’innocence de son fils. Et évoque une usurpation d’identité.

Ce n’est pas que je veuille faire le Robin des bois mais je ne me tais pas, je ne suis pas de ce genre-là", assure, d’emblée, Lucien Aïech. Et de la pugnacité, ce Montpelliérain en a à revendre. Tant mieux pour le coup. Car cela fait des mois maintenant qu’il tente de prouver l’innocence de son fils. Lequel a été condamné par défaut, le 28 février 2013, par la justice montpelliéraine, pour défaut de carte grise lors d’un contrôle routier opéré le... 29 janvier 2007 ! Problème : Stéphane Aïech n’a jamais possédé la moindre carte grise.

Et pour cause : il n’a jamais eu de véhicule, pas plus que de permis de conduire puisqu’il ne l’a tout simplement jamais passé. "C’est à peine s’il sait tenir un vélo !", affirme Lucien Aïech.

 "La commissaire de police m’a conseillé de laisser tomber, de ne pas payer"

Et pour couronner le tout, lui-même n’a découvert le pot aux roses qu’il n’y a que quelques mois. Lorsqu’il a reçu, à son domicile, un avis de recouvrement émanant d’un huissier du Clapas. Lequel, dans sa missive, lui réclamait la somme de 103,56 €.

De fil en aiguille et de déplacements en coups de téléphone, Lucien Aïech a alors pris connaissance de l’existence dudit jugement. Mais même avec le numéro de dossier en main (celui du procès de son fiston), il lui a été impossible de mettre la main sur ce jugement. "À la Trésorerie, on m’a dit : “Nous, on a des ordres pour faire rentrer de l’argent.” J’ai refusé de payer sauf si l’on me sortait une preuve.

J’ai demandé au tribunal une copie du jugement mais l’on m’a dit que s’il y avait bien eu un jugement, ils étaient incapables de le produire ! Il y aurait aussi un recommandé portant la mention “non remis” alors que mon fils habite chez moi !", raconte Lucien Aïech.

Inscrit au casier judiciaire

Idem au commissariat central. "J’ai eu une commissaire de police à plusieurs reprises au téléphone. Elle m’a dit qu’ils avaient retrouvé la référence mais sans nom ni adresse ! Lors d’un autre entretien téléphonique, elle m’a conseillé de laisser tomber, de ne pas payer car mon fils était insolvable. Mais j’ai dit non ! Car “ils” lui tomberont un jour dessus s’il le devient ! Et puis, ce jugement est désormais inscrit à son casier judiciaire, ça commence à devenir grave, là !"

Alors, pour Lucien Aïech, l’usurpation d’identité est peut-être un début d’explication. Lequel remonterait à une époque où son fils avait de mauvaises fréquentations et consommait des stupéfiants. Une série de faits pour lesquels il est, depuis, suivi par le service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip), jusqu’en juillet prochain. Suivi qui, selon ses dires, se déroulerait dans de très bonnes conditions et serait en train de concrétiser les efforts de son fils pour sortir durablement de son ancienne dépendance.

Et de conclure : "Ce n’est pas le fait de devoir payer cent euros mais de dénoncer une injustice. Aujourd’hui, je me bats contre un pot de fer. Peut-être que je casserai... Mais pas tout de suite."

 

26/03/2014 MIDI LIBRE
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